Corrida, des vérités qui dérangent

Corrida, des vérités qui dérangent

Voici un article d'Anna GALORE sur les vérités soigneusement cachées au grand public, concernant la cruauté extrême du traitement infligé aux taureaux ( non seulement pendant mais aussi AVANT toute corrida - indigne de ce nom - ( sachant que les chevaux picadors ou toreros n'échappent pas non plus à toutes formes de souffrance, voire à des accidents mortels ).

Le tableau que l'auteur nous retrace donc, ici, est loin de correspondre à la légende colportée - jusque dans nos hautes sphères gouvernementales - sur le COURAGE des hommes et la férocité des bêtes qu'ils affrontent...

En fait, tous ces tourments inutiles et cette violence aveugle, imposés à d'autres créatures que NOUS - qui sommes pourtant si fiers de notre genre " Homo Sapiens " - ne plaident guère en faveur de notre espèce !

Tristes fiestas, en vérité ...

Degré zéro de la Kulture.

signé : KITAO

Pour les aficionados, la corrida est un art noble opposant l'Homme et la Bête, le matador et le taureau. Ce dernier est volontiers présenté par les procorridas comme un fauve, un animal de combat qui se grandit par sa bravoure face à ceux qui le toréent jusqu'à l'estocade finale, c'est-à-dire la mort de l'animal.

A lire les chroniqueurs spécialisés, tout n'est que beauté dans ce face-à-face de quinze minutes très codifié, lors duquel le taureau subit toutes sortes de blessures jusqu'à ce qu'il succombe.

Un point important de vocabulaire : les trois principales qualités d'un taureau selon les adeptes de la tauromachie sont la "bravoure", la "noblesse" et la "caste". La "bravoure" se manifeste par sa promptitude à charger à la moindre sollicitation et par la répétition inlassable de ses charges. La "noblesse" est caractérisée par le fait que l'animal charge en baissant la tête. La "caste" consiste à présenter d'autres qualités telles que la force et l'aspect esthétique. Ces précisions sémantiques vont être utiles pour la suite.

Au-delà des arguments des aficionados et de ceux des anticorridas, il est peut-être utile de rappeler quelques faits avérés et incontestables, dont certains sont rarement dits ou peu connus.

1 - Le "taureau de combat" est une création artificielle de l'Homme

La toute première des vérités, c'est que le taureau est un herbivore. Comme tous les herbivores, il n'a rien d'un fauve. Il suffit de regarder des troupeaux de taureaux paître paisiblement dans les prairies camarguaises pour s'en convaincre. Ce n'est qu'au prix d'un conditionnement on ne peut plus artificiel et de nombreux croisements consanguins que certains de ces animaux sont préparés à devenir ceux que l'on envoie dans les corridas.

Dans la nature, il n'existe pas plus de "taureau de combat" qu'il n'y a de lapin guerrier ou de brebis d'assaut.

2 - Les taureaux envoyés aux arènes sont souvent de simples veaux

Les taureaux qui déboulent dans les arènes sont âgés de 3 à 5 ans, parfois un peu moins. L'espérance de vie naturelle d'un taureau qui meurt de vieillesse est d'une vingtaine d'années. Un taureau envoyé à la corrida, quel que soit son aspect impressionnant, est donc un animal au tout début de sa vie, parfois un simple veau encore en cours de croissance comme dans les novilladas.

3 - Le combat est truqué avant qu'il ne commence

Dans les minutes qui précèdent son entrée dans l'arène, le taureau subit toute une "préparation" visant à le diminuer physiquement tout en le rendant encore plus agressif.

- Ses cornes sont limées à la scie pour réduire le risque qu'elles accrochent le matador au passage. Comme elles ont une sensibilité équivalente à celle de nos dents, il faut maintenir le taureau dans un carcan étroit, le cajon, pour qu'il ne puisse pas se soustraire à la douleur, sa tête étant extraite hors des barreaux par des cordes qui l'empêchent de la bouger le temps que les cornes soient sciées à vif sur environ cinq à six centimètres.
Elles sont ensuite polies, colorées et vernies pour que rien ne soit visible. Si les cornes saignent, elles sont colmatées avec des échardes en bois.
Les avantages pour le matador sont multiples : non seulement les cornes sont moins larges mais en plus, l'animal a des repères faussés en raison de leur raccourcissement et enfin, il va hésiter à s'en servir parce que la douleur est extrême. Cette opération s'appelle l'afeitado ("rasage" en espagnol).

- Le taureau reçoit plusieurs médicaments visant à l'affaiblir, principalement des purgatifs pour qu'il ait des diarrhées et du Combelen (un neuroleptique) pour l'hébéter. Le même produit est aussi donné aux chevaux en combinaison avec de la morphine, pour qu'ils ne paniquent pas à l'approche des taureaux lorsque les picadors les poussent au contact. Les chevaux ont, de plus, les oreilles bouchées avec du coton et les yeux occultés avec des œillères.

- D'autres pratiques ont parfois cours, comme laisser tomber à plusieurs reprises des sacs de sable de 100 kg sur les reins de l'animal, enduire ses yeux de vaseline pour brouiller sa vue, planter des aiguilles cassées dans ses testicules, enfoncer du coton dans ses narines, badigeonner ses pattes d'essence de térébenthine ce qui occasionne des brûlures pour que le taureau semble féroce dans sa démarche, limer ses sabots et enfoncer des coins de bois entre ses onglons.

On peut se demander en quoi la "caste" (force et esthétique, voir définition plus haut) est ainsi respectée puisque tout est fait, dès cette étape préliminaire, pour affaiblir le taureau, perturber ses perceptions et modifier son esthétique.

4 - Le taureau baisse la tête parce que les muscles de son cou sont sectionnés.

La corrida est divisée en trois tiers ou tercios : le tercio de pique, le tercio de banderilles et le tercio de mise à mort.

Lors du tercio de pique, le picador à cheval vient au plus près du taureau pour lui planter dans le garrot, de haut en bas, une pique de 2 m 60 terminée par une pointe en acier de 9 cm. Il l'enfonce d'une trentaine de centimètres et fait un mouvement de vissage. Son but est de sectionner les muscles du cou de l'animal pour qu'il ait du mal à tenir sa tête en position haute. La tête baissée donne alors l'impression qu'il veut charger à tout moment.

Les aficionados appellent cela "régler le port de la tête de l'agresseur" et "humilier" l'animal.

On voit donc que la "noblesse" (attitude consistant à charger tête baissée, voir définition plus haut) du taureau n'est en fait rien d'autre que le résultat d'un trucage (la lésion des muscles du cou).

5 - Les banderilles visent à faire souffrir le taureau et à lui faire perdre le plus de sang possible

Lors du second tercio, trois paires de banderilles sont plantées dans le dos du taureau.

L'aspect décoratif des papillotes colorées ne doit pas faire oublier que les banderilles sont des harpons munis d'un crochet anti-recul de 6 cm. Le but est de redoubler la douleur provoquée par les piques et de provoquer des hémorragies massives pour l'affaiblir au maximum.

Les aficionados disent que le rôle des banderilles pour le taureau est de "parachever le réglage du port de tête et raviver son ardeur". La réalité, c'est qu'à la fin de ce tercio, il est épuisé après avoir perdu beaucoup de sang, ce qui est parfaitement visible.

Sa "bravoure" (capacité à charger sans relâche, voir définition plus haut) n'est en rien un signe de courage mais de désespoir et de souffrance.

6 - La mise à mort n'est généralement pas provoquée par l'épée du matador mais par de nombreux coups de poignard sur l'animal à terre

L'estocade consiste, pour le matador, à enfoncer son épée de 80 cm jusqu'à la garde entre le haut de la colonne vertébrale et l'omoplate droite. La plupart du temps, l'estocade n'est pas fatale et plusieurs épées sont plantées successivement jusqu'à ce que le taureau tombe à terre.

L'animal est ensuite achevé à coups de poignard (la puntilla), portés au niveau de la nuque pour atteindre le bulbe rachidien. Il faut parfois jusqu'à une trentaine de ces coups pour que le taureau succombe.

7 - Les "trophées" sont souvent tranchés sur le taureau encore vivant

Lorsque le matador obtient de prendre des trophées sur le taureau (une à deux oreilles, la queue), il n'est pas rare que l'animal soit encore vivant au moment où il est mutilé. Plusieurs documentaires filmés l'attestent.

8 - Les taureaux qui refusent le combat sont également tués

Il arrive qu'un taureau refuse le combat parce qu'il est terrorisé. Il tente de s'enfuir en courant autour de l'arène, essayant parfois de sauter par dessus la bordure. Il est alors poursuivi et acculé par les assistants (les peones) et le matador lui-même. Ils le criblent de coups d'armes blanches diverses jusqu'à ce qu'il meure.

9 - Les taureaux "graciés" ne survivent pas non plus.

En théorie, un taureau gracié parce qu'il a particulièrement "bien combattu" selon les canons de la tauromachie a droit à la vie sauve. En pratique, il est rare qu'il ne succombe pas rapidement par hémorragie en raison de ses nombreuses blessures, à l'abri des regards du public.


Tous les faits rapportés ici sont solidement établis et reconnus par les aficionados eux-mêmes.


Si vous pensez qu'aucun de ces faits ne vous semble en contradiction avec votre conception de la fête, de l'art, de la noblesse ou de la bravoure, voire même si leur description détaillée vous réjouit et vous donne envie d'aller voir des corridas, alors vous êtes un aficionado.

Si vous pensez qu'un seul de ces faits est indigne, inacceptable ou révoltant, vous faites partie des 72% de Français qui souhaitent l'abolition définitive de la corrida, reconnue comme une torture animale par la loi française depuis 1850, punie de deux ans de prison et de 30 000 euros d'amende pour ceux qui la pratiquent, mais pourtant autorisée depuis 1951 par mesure d'exception dans une douzaine de départements du sud du pays. Pour agir efficacement, apportez votre soutien aux associations anticorrida, telles que le Comité Radicalement Anti Corrida (CRAC), la Fédération des Luttes pour l'Abolition de la Corrida (FLAC), la Société Protectrice des Animaux et bien d'autres.


Anna Galore Le blog

ANNA GALORE, Le blog

Fadjen, paisible " taureau de combat ", élevé loin des arènes.

Fadjen, paisible " taureau de combat ", élevé loin des arènes.

Rédigé par KITAO

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